INFERNO KABARETT

Création d’un spectacle de cabaret à partir du récit de la journée du 21 mars 1933 que le grand professeur italien, Ranuccio Bianchi Bandinelli, a passé auprès de Guillaume II. Expérience déterminante qu’il consigne dans son journal intime – Diario di un borghese – sous le titre Intermezzo agli inferi / Intermède aux enfers.

Partager ce spectacle

J’ai rencontré Ernesto Tomasini en avril dernier à Palerme.
Invité avec lui et d’autres par l’Institut Français et le Goethe Institut à débattre des menaces que les extrêmes droites d’Europe font peser sur l’art et la culture, je l’ai vu – coiffé, maquillé et costumé en artiste de cabaret, dans un contexte qui n’avait donc rien à voir avec ce milieu – et écouté chanter- performer deux airs de cabaret qui ont aussitôt projeté tous les gens présents dans cet univers aux variantes infinies, comme le dit Ernesto – Le cabaret est un monde infini et c’est de loin, parmi tous les registres dans lesquels j’ai joué et chanté, celui que je préfère. Ernesto est doté d’une voix extraordinaire, avec une capacité d’extension de quatre octaves, qui l’a amené à se produire dans les théâtres les plus prestigieux de très nombreux pays. NC.

 

Le projet INFERNO KABARETT consiste à créer un spectacle de cabaret à partir du récit de la journée du 21 mars 1933 que le grand professeur italien, Ranuccio Bianchi Bandinelli, a passé auprès de Guillaume II. Expérience déterminante qu’il consigne dans son journal intime – Diario di un borghese – sous le titre Intermezzo agli inferi / Intermède aux enfers.

Le 21 mars 1933, à l’invitation d’un professeur berlinois, R.B. Bandinelli se rend dans un des lieux de villégiature hollandais de l’empereur allemand Guillaume II pour l’entretenir d’art et d’archéologie. Le même jour à Berlin, moins d’un mois après l’incendie du Reichstag, les nazis ont pris le pouvoir. Pendant ce temps, de quoi s’entretient-on, que se passe-t-il dans le palais impérial ? Guillaume II, très content de lui, sûr de son génie, de sa propre infaillibilité / contentissimo di sè, sicuro del proprio genio, della propria infallibilità, consacre une grande partie de son temps à parler de lui, à soigner les fleurs de ses jardins, à déplorer aussi que les évènements bien connus / noti avvenimenti de 1914 à 1918 l’aient empêché de se rendre dans sa résidence de Corfou où les bronzes du parc, en l’absence d’entretien, ont dû fatalement se patiner de vert. Le tableau de sa cour que dresse R.B. Bandinelli est tout aussi saisissant. Conventions poussiéreuses des siècles passés, perruques et visages poudrés, masques et costumes amidonnés, courbettes et murmures, vaisselles d’or et de cristal… rien ne doit troubler les méditations, la retraite et les monologues de Seine Majestät qui, à partir de ses propres impressions et rêveries, inflige à cette même cour médusée des discours interminables et vides au sujet des civilisations, de Dieu et de… sa propre personne.

 

NOTE DE MISE EN SCÈNE

INFERNO KABARETT est un spectacle qui peut se jouer à l’intérieur et à l’extérieur des théâtres, en salle comme en plein air.

Le dispositif scénique minimaliste, clairement inspiré des tableaux de Francis Bacon, fait penser à une boîte presque vide. Cube presque au carré. Fermé sur deux côtés par un haut rideau parfois transparent, parfois opaque, et par des surfaces de projection (autres rideaux ou cloison). Ouvert au public par les deux autres côtés. Il y a un acteur-chanteur, Ernesto Tomasini. Une pianiste, Ornella Cerniglia. Il s’agit donc de raconter/évoquer, dans une sorte de cabaret imaginaire, à la fois le 21 mars 1933 que R.B. Bandinelli passe auprès de Guillaume II en exil dans son château hollandais et l’hiver 1933 qui voit l’Allemagne se livrer à Hitler, avec le soutien de la finance et de l’Industrie allemande. Il y a un personnage étrange, porteur d’une boîte à remonter le temps, qui entre et sort régulièrement – L’homme à la boîte. Il nous conduit dans une réunion chez Göring, en présence d’Hitler et des vingt-quatre industriels d’outre-Rhin, le 20 février 1933, à assister ensuite à l’incendie du Reichstag, le parlement allemand, une semaine plus tard, avant de suivre les élections du 5 mars qui donneront lieu à la prise du pouvoir par Hitler le 21 mars. L’homme à la boîte raconte, danse, chante, joue Bandinelli, Guillaume II et de nombreux membres de la cour impériale, figure Hitler, Göring… et quelques-uns des très riches hommes d’affaires qui les soutiennent. Masques, spectres et fantômes nous reviennent par le jeu du théâtre, du cinéma et du cabaret. Il se pourrait alors que le grotesque et le rire propres au genre révèlent les méfaits des irresponsables (Johann Chapoutot) d’autrefois et nous amènent à réfléchir sur ceux des irresponsables d’aujourd’hui.

Résidence de création du 30 mars au 15 avril à Palerme – Résidence Kultur Ensemble avec le soutien de l’Institut Français et le Goethe Institut. 

distribution & production

D’après Intermezzo agli inferi / Incontro col Kaiser de Ranuccio Bianchi Bandinelli
Adaptation et mise en scène Noël Casale
Avec Ernesto Tomasini
Piano Ornella Cerniglia
Scénographie & Costumes Cecilia Galli
Lumière Joël Adam

En italien et en allemand surtitré

1ère résidence de création Palerme 30 mars-15 avril 26 avec le soutien de l’Institut Français et du Goethe-Institut Ouverture public 15 ou 16 avril (date et heure à confirmer)
Spectacle à installer partout intérieur – extérieur
Lumière et son en autonomie

Production déléguée Teatru di u Cumunu – Théâtre du Commun (Bastia)

Crédit photos : Anna Fici

Dossier Inferno Kabarett_FR_compressed

Dossier IK italiano_IT_compressed

Représentations

Pas de date programmée pour l'instant.